Je ne veux pas te convaincre, juste t'alimenter...

Projet de loi sur la neutralité religieuse de l'État québécois. 

Texte de Julien Cardinal (version ébauche)

Avant-propos, les concepts clefs de ce texte sont en hyperlien. Ils sont indispensables à la compréhension de ce texte. N'hésitez pas à suspendre votre lecture afin de approprier ces concepts.

Guerre de clans
Dans l’univers québécois, deux clans s’affrontent, les Pours et les Contres. Drames et clashes à prévoir... la polarisation est en gestation depuis longtemps. En principale, la question serait s’il est convenable d’obliger une tenue vestimentaire aux employés de l’État en situation d’autorité afin de disposer d’un rapport entre le citoyen et l’État exempt de toutes influences religieuses lorsqu’ils ont à interagir ensemble.

Clan A : Pris comme un droit absolu, ceux-ci diront qu’ils ont le droit à la religion et par conséquent cela rend caduque cette mesure sur la tenue vestimentaire du projet de loi sur la laïcité.

Clan B : Le droit d’imposer une certaine manière de vivre, au même titre que la loi 101 qui imposa le français au Québec sous condition comme langue du travail.

Oui, je le sais, ces définitions sont très réductrices. Déjà certains m’en voudront déjà pour ne pas avoir assez dévaloriser à leurs yeux la position à laquelle il loge.

Pourtant, je ne prends pas position. Je ne fais que marcher sur des œufs… Beaucoup d’ailleurs évitent carrément ce sujet qui peut vite déraper, la loi de Godwin en trame de fond. Le moindre faux pas, je serais automatiquement relié dans un des deux clans et tout ce qui suit sera vite passer à la poubelle. On ne veut toujours comprendre, mais savoir qui pense comme nous, voilà tout! Et bien, j’espère bien que vous trouverez aucun biais de confirmation dans mon texte. Je ne suis dans un aucun clan, alors, le cas échéant, calmer votre hooligan politique.

Comment alimenter un débat aussi explosif sans être pris à parti rapidement? Il m'apparaît important d’amener la réflexion avec un maximum de nuances. Peser ses mots et clarifier ses concepts, c’est déjà élevé le débats, ne pensez-vous pas?

Je ne veux pas non plus jouer au professeur, mais simplement vous partager des informations qui ont fait avancer ma réflexion.

Dans ma vie, j’ai souffert beaucoup de stigmatisation. En effet, j’ai été à l’école secondaire! Ah! Ah! Ah! Oui, c’est drôle, et en même temps, ce n’est l’est pas. L’école est pour tous un de nos premiers contact avec un grand ensemble d'individus où s’applique des règles collectives, innées et parfois très tribales. L’école secondaire est un lieu où se forme des clans. Vous en avez probablement fait parti ou encore en avez été exclu. Moi, j’étais, comme la majorité, j’ai fait parti plus souvent qu’autrement des exclus, communément appelés les rejects. C'est que le sens civique vient que plus tard. C'est notamment lui qui permet de déconstruire partiellement ces réflexes tribales de clan, car il demeura toujours certaines formes de clivage, notamment entre les classes socio-économiques. Disons que les milliardaires ne parlent pas aux millionnaires! :)

Inutile de vous demandez si vous avez souffert un jour d’une quelconque stigmatisation. Ce que je veux simplement convenir ici, c’est un principe universelle, celui que « personne n’aime être stigmatisé ».

Attention! Je n’ai pas dit que ce projet de loi sur la laïcité est bon ou non. Je rappelle seulement que ce principe.

Faire ses devoirs
J’aime bien cet adage Fran Lebowitz :
Avant de parler, il faut réfléchir... Avant de réfléchir, il faut s’informer.
Et ici, on parle de s'informer avec des sources crédibles ayant une véracité approfondie. Beaucoup autour de moi ont une opinion sur le sujet de la laïcité tout en étant incapable de m’expliquer des éléments élémentaires tels que la différence entre une liberté religieuse et droit à la religion. C’est  pourtant bien des notions au cœur de ce sujet. Ce débat est intiment lié  la Charte canadiennes des droits et des libertés. L’État fournissant le premier et protégeant le second. Ce n'est qu'un exemple afin d'illustrer que la réflexion demande beaucoup d'information et de temps de réflexion. On n'a pas besoin d'être un expert pour se faire une opinion fondée ou avis éclairé, encore faut-il y mettre temps et efforts tout en évitant les sources biaisées. 

Au-delà de l’aspect juridique, il y aussi l'enjeu politique attaché à des questions identitaires, en particulier celles attachées à des valeurs religieuses.  On parle ainsi de religion. Mais qu’est-ce qu’une religion au fait? Quelle est la différence par exemple entre le déisme et le théisme? Ce sont pourtant aussi des notions de base… Par exemple, nombreux sont les québécois se disant catholiques et ne pas croire en Dieu, n’est-ce pas étrange? C’est qu’avoir la foi chrétienne, c’est une chose,  s’identifier à une culture judéo-chrétienne, c’en est une autre. La question identitaire est ici fondamentalement différente pourtant. Comment se comprendre si les mots et les concepts utilisés sont vites dépassés dans ce débat que, vous deviez convenir, est très complexe. C’est dans l'incompréhension que naît cette polarisation toxique, terreau fertile à la stigmatisation et aux hooligans politiques.

De mon côté, je me range dans les anti-clans (cette phase me semble une contradiction en soi), bref je souhaite simplement élever le débat. Mon message est le suivant : Encourager les débats sains basés sur la volonté d’apprendre plus sur l’autre position, éviter les raccourcis qui nous fait plaisirs surtout à notre ego, son orgueil, son hubris ou celui des membres du clan.

Ce type débat est explosif, car on le disait plus haut, il touche directement à la question identitaire, religieuse, nationale ou autre. Des droits fondamentaux s'affrontent comme dans les débats la peine de mort ou l'avortement. La position la plus juste est souvent entre les deux positions les plus extrêmes.

En ce sens, je vous propose, je vous invite déjà d’avoir pleinement pris le temps de tous les concepts clefs mis en hyperlien dans ce texte et peut-être même de vous intéresser au test de Turing idéologique.

Si j’ai offensé ou vous pensez que j’ai n’ai pas assez être neutre dans ce texte, veuillez m’en excuser, l’intention étant bienveillante.

Je vous laisse avec une citation de Bertrand Russell :
« Le problème en ce bas monde est que les imbéciles n’ont aucun doute, alors que les gens intelligents en ont plein. »
Voilà, en espérant que j'ai su bien vous alimenter! :)

Bonnes réflexions!

Julien Cardinal


Références :

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